Accouchement

L’accouchement physiologique : les bases de notre réflexion

Il y a des moments dans une vie qui resteront à jamais gravés en mémoire et celui que je m’apprêtais à vivre ce jour-là en mettant au monde ma fille allait être LE moment le plus magique, le plus intense et le plus merveilleux!
Rembobinons un peu…
L’accouchement…c’est justement ce que j’ai redouté pendant toute ma grossesse! Il me faisait peur. Peur de ne pas y arriver, peur de la douleur, peur de ne pas gérer…pour ne citer que les principales. Je le redoutais d’autant plus que je ne voulais pas de péridurale! Et bien entendu, pour ne pas m’aider du tout, j’ai été obligée d’écouter des récits d’accouchements atroces!
Ah les gens c’est magnifique : tu demandes rien mais non ils se sentent obligés de te raconter ce qu’ils ont vécu dans les moindres détails et toi, tu repars avec une peur au ventre encore plus importante alors qu’à la base tu étais juste heureuse de leur annoncer ta grossesse! Bref…ce n’était que le début car par la suite, j’ai été obligée de gérer les réflexions des gens -et oui, encore eux- lorsque je leur répondais que non, je ne ferai pas la péridurale. Pire, je devais même me justifier et défendre mes convictions…c’est dingue! « Mais enfin, t’es pas un peu folle, on est plus à l’ère des cavernes, la médecine a mis au point un outil formidable avec cette anesthésie et toi tu veux souffrir ??? »
Souffrir…quel horrible mot pour décrire cette rencontre magique !
Pourquoi un accouchement sans péri me direz-vous ?
Tout simplement parce que je ne voulais aucun produit chimique de la sorte dans mon corps. Je ne voulais pas non plus que ce produit pollue mon bébé car oui le bébé en reçoit aussi…il prend même un peu de poids par rapport à ça de sorte qu’à la naissance son poids est faussé. D’ailleurs, les professionnels commenceraient à vouloir peser les bébés « péri » le lendemain de l’accouchement justement pour ne pas impacter le suivi du poids de bébé qui conditionne notamment le retour à la maison! (Je tiens cette info du personnel médical)
Alors je vais être tout à fait claire : je ne dénigre en rien cette anesthésie, ni même la médecine. Accoucher avec ou sans péri pour celles qui peuvent choisir est un acte totalement subjectif il faut justement s’écouter! Et parfois la péridurale s’impose…
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Pour ma part, ça ne correspond pas à mes convictions. Déjà pour la toxicité mais aussi pour tous les risques que cela comporte (si on ne sait pas, on en prend d’ailleurs bien conscience au 8ème mois lors de la consultation obligatoire chez l’anesthésiste!) sans parler de tout ce qu’il y a autour le jour J (ralentissement du travail, vessie vidée toutes les 3 heures avec une sonde, monitoring constant, tensiomètre, perfusion d’hormones artificielles (on étudie aujourd’hui le lien entre autisme et ocytocine synthétique), augmentation du risque d’utiliser les instruments tels que ventouses, forceps, position gynécologique de mise, augmentation du risque d’épisiotomie…et j’en passe). Et le naturel dans tout ça?!
En ce qui me concerne j’avais envie d’être libre, libre d’être et d’agir, libre de gérer ce moment comme bon me semblait, libre de choisir la position pour accoucher, libre de répondre à mes envies en cas de soif ou de faim, j’avais envie d’être active en accompagnant mon bébé et sentir notre fille arriver dans ce monde.
Et donc la question qui se posa très vite dans ma tête : « comment tu vas faire? »
Il est clair que dans notre société, la surmédicalisation est de mise…car oui, une anesthésie reste un geste médical. Là où j’ai accouché, 75% des accouchements sont faits sous péridurale. Quand on souhaite faire différemment force est de constater que nous ne sommes pas bien informées…et force est de constater aussi que nous sommes regardées comme des personnes bizarres, les étiquettes vont bon train!
J’avais un projet de naissance pour notre fille et pour moi. Mon compagnon avait la même vision, nos idées étaient donc bien arrêtées.
Ce qui était très important concernait surtout le cordon ombilical : notre demande était d’attendre que ce dernier ait fini de pulser pour le couper.
J’avais lu des tas d’études très sérieuses à ce sujet prouvant la nécessité de cela, l’OMS préconise d’ailleurs un clampage tardif pour réduire l’anémie infantile!
A la naissance, le placenta permet toujours d’oxygéner bébé jusqu’à ce que les poumons prennent le relais, dès que c’est le cas alors il se produit une réaction réflexe : les vaisseaux sanguins du cordon se ferment. Attendre cette fermeture spontanée permet au bébé de bénéficier d’un apport sanguin optimal, ainsi, cela ne va pas induire des pathologies comme l’ictère ou encore des troubles neurologiques mineurs apparaissant sur le long terme.
La gynéco de la 1ère maternité nous avait regardé d’une étrange façon, « je clampe à 45 secondes maximum» avait-elle dit…45 secondes…donc dans ce cas la 1ère expérience de vie de ma fille allait être l’hypoxie…super!!! A entendre ça, de la part d’un jeune médecin qui plus est (on peut naïvement penser qu’ils sont plus « open ») et bien c’était moi qui étais en hypoxie ce jour là….je m’étais donc bien gardée de mentionner certains autres points comme le fait de vouloir garder le placenta (vais-je vous parler des rituels, de la symbolique, des capsules que l’on peut en faire car il renferme des trésors de Vie…???)
Papa souhaitait aussi mettre au monde notre fille (un véritable accouchement à 4 mains), nous voulions un très long et immédiat peau à peau (si important pour bébé!) ce qui impliquait de reporter les soins (la traditionnelle pesée, habiller bébé etc…)…le tout dans une pièce aux lumières tamisées.
Bébé…on parle de la Maman qui accouche mais bébé dans tout ça? Bébé travaille beaucoup aussi pour venir au monde!
Ce petit être passe d’un environnement tout chaud, tout mouillé, tout confortable où il est bercé en permanence dans le liquide amniotique, où les sons extérieurs sont atténués, où la faim, la soif et le froid n’existent pas.
Il évolue en entendant en permanence le cœur de sa Maman, les voix et le son des autres organes, il est dans son petit cocon il en touche d’ailleurs chaque contour et bouge beaucoup, il peut se toucher le visage, le cordon, les mains, les pieds, il est enveloppé par les parois de l’utérus puis tout à coup…c’est l’extérieur : le bruit (et même le silence qui relève de l’inconnu pour lui), le froid, la lumière brutale (alors qu’il n’a connu jusqu’à présent que l’obscurité), il ne se sent plus enveloppé c’est au contraire le contact direct avec l’air, il n’est plus bercé en permanence, il n’entend plus les bruits familiers il perd totalement et brutalement ses repères pour devoir très vite s’accommoder à ce tout nouveau monde !
Comment aider au mieux notre fille? Comment mener à bien un accouchement physiologique? Nous avions tellement de questions et si peu d’aide! Et puis nous avons rencontré Marie….
(La suite – la préparation à l’accouchement physiologique – arrivera bientôt)

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